L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia – Dicotylédone Astéracées) poursuit son expansion en France. Cette plante invasive, allergisante et envahissante, représente un enjeu majeur pour la santé publique et l’agriculture.

Une étude menée par le réseau R4P (Réseau Résistance aux Pesticides, à partir de données expérimentales de l’INRAE et l’Anses) a révélé que l’ambroisie à feuilles d’armoise a développé une résistance modérée à forte aux herbicides inhibiteurs de l’ALS (Acéto-Lactate Synthase, également appelée AHAS : AcétoHydroxy-Acide Synthase). Cela concerne notamment l’imazamox et le tribénuronNotons que ces cas de résistance avérés sont relatifs aux substances actives bénéficiant actuellement d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France.

Pourquoi cette résistance aux herbicides ?

Cette résistance peut s’expliquer par deux types de mécanismes, liés à une pression de sélection exercée par l’utilisation répétée et intensive des mêmes herbicides. En effet, dans certains cas, l’ambroisie présente une mutation sur le gène codant l’enzyme ALS (ou AHAS), ce qui empêche l’herbicide de se fixer et rend cette enzyme, indispensable à la croissance, toujours fonctionnelle. Cependant, dans d’autres cas, la plante développe une résistance dite “non liée à la cible” : elle dégrade ou empêche l’herbicide d’atteindre son site d’action, ALS ou AHAS, sans mutation génétique sur l’enzyme elle-même. Donc la synthèse des acides aminés se poursuit, et la plante continue sa croissance malgré le traitement.

 

La résistance de l’ambroisie aux herbicides complique le contrôle de cette adventice, en particulier dans les cultures de tournesol VrTH (Variété Tolérante aux Herbicides), de soja et de maïs. Par ailleurs, des leviers agronomiques, tels que la rotation des cultures, le faux-semis et le binage, doivent être intégrés pour limiter l’apparition de nouvelles résistances.

Pour suivre l’évolution de la résistance de l’ambroisie aux herbicides, le réseau R4P met à disposition des cartes de répartition actualisées. Ces cartes permettent de visualiser les zones les plus touchées et d’adapter les stratégies de lutte en conséquence. Les foyers de résistance ont été identifiés dans plusieurs régions, dont Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie :

Face à l’expansion de l’ambroisie et à l’émergence de résistances aux herbicides, une approche de lutte intégrée combinant surveillance, prévention et gestion durable est essentielle pour limiter son impact sur la santé publique et l’agriculture.

Pour signaler la présence d’ambroisie, vous pouvez vous référer à la plateforme de signalement des ambroisies.

Rédaction : Marine AUDONNET, FREDON France